Compte-rendu du p'tit déj Coup de boost du 23 juin 2022

Jeudi 23 juin dernier se tenait une nouvelle édition des p'tits déjs coup de boost de Brézeo. C'est Éric Lerognon, de la société Fluditec, qui l'a animé. La thématique était les était : «Les économies d’énergie et l’écoresponsabilité dans le bâtiment».
Comment faire des économies d’énergie dans mon entreprise ou chez moi ? Comment me positionner face à une facture énergétique qui ne cesse d’augmenter ? Comment gérer les contraintes de plus en plus fortes imposées par l’État ? Quelles actions sont possibles ? Qui peut m’aider ? Comment être bien accompagné ?

La performance énergétique est un sujet bien vaste qui intéresse tout acteur que ce soit à titre professionnel que privé. En 1974, nous avons déjà vécu la première crise énergétique qui a valu à la France de mettre en place sa filière nucléaire pour diminuer la dépendance vis-à-vis des pays producteurs de pétrole. En 2022, malgré une utilisation à 75% de l'énergie nucléaire, le scénario se reproduit avec une augmentation importante des prix des énergies. Mais cette fois, cette crise énergétique s'accompagne d'une crise climatique. La question n'est pas de savoir comment payer moins cher son énergie, mais bien comment consommer moins d'énergie carbonée.

C'est dans logique que BRÉZEO a organisé le 23 juin dernier son petit-déjeuner autour de la thématique : Comment réduire ses consommations énergétiques.

En prérequis il est important de savoir de quoi on parle. Il existe actuellement plusieurs formes d'énergie :

  • Gaz et fioul (dit carboné - issu des filières pétrolière). Ces énergies sont toutes importées de Russie pour le gaz et d'Arabie Saoudite pour le pétrole. Si le fioul est utilisé pour le chauffage, le gaz a pris une forte part de marché dans les dernières années. La gaz est utilisé pour la chauffage, l'industrie et les centrales électriques.
  • L'électricité est une énergie de transformation. Elle est produite par des centrales (nucléaires et gaz). Compte tenu de son process, l'énergie électrique ainsi produite génère des pertes (plus de 60%) qui en fait une énergie peu performante, mais malgré tout la plus polyvalente, la plus simple à livrer et la plus accessible.

Les prix actuels d'achat des énergies sont (pour des particuliers) :

  • Fioul : entre 0.1 et 0.12 €/kWh
  • Gaz : entre 0.08 et 0.1 €/kWh
  • Électricité : entre 0.16 et 0.19 €/kWh

Attention : Le prix de l'électricité est anormalement bas du fait d'un gestion politique de blocage des prix. Par comparaison en Allemagne le prix de l'électricité est à plus de 0.3 €/kWH !!!

Les entreprises bénéficient de tarifs dégressifs en fonction de leur consommation.

Le prix de l'électricité peut également être variabilisé suivant les périodes de consommation (tarif de nuit/jour ou tarif haute/basse saison).

Nous avons vu précédemment que l'enjeu climatique participe également aux décisions et actions sur la politique énergétique. En effet, depuis le 30 novembre 2015 (date de la signature de la COP21) notre défi est passé d'un enjeu énergétique à un enjeu climatique. L'objectif ultime est de réduire l'augmentation de la température de notre planète. Ce sont les GES (Gaz à Effet de Serre) qui contribuent le plus au déréglementation climatique par l'augmentation de la température sur terre. Les GES sont des gaz carbonés qui créent un effet de serre sur la planète. Ces gaz sont principalement les gaz composé d'atome carbone (C). Le plus connu et courant est le CO2. Or l'utilisation des pétroles pétrochimique comme combustible (gaz et fioul) génère une quantité importante de CO2.

Le poids de GES de chacune des énergies :

  • Fioul : 730 gCO2/kWh
  • Gaz : 443 gCO2/kWh
  • Électricité (nucléaire) 6 gCO2/kWh

Compte tenu de ces éléments quelles sont les orientations possibles :

1. L'énergie la moins chère est celle qu'on ne consomme pas

Le premier levier est de réduire ses consommations. Plusieurs actions sont possibles :

  • Sans investissement
    • Réduire l'éclairage,
    • Utiliser des équipements à pleines charges (machine à laver)
    • Éviter les arrêts/démarrages des installations trop fréquents
    • Baisser la température de chauffe (baisse de 1° = Réduction de 7%)
    • Réduire la consommation d'eau chaude,
    • ...
  • Avec investissement léger
    • Installer des détecteurs de présence
    • Installer une régulation/programmation
    • Installer une multiprise qui pilote automatiquement une série d'appareils
    • Isoler les canalisations de chauffage
    • ...
  • Avec investissement lourd
    • Isoler
    • Changer la ventilation
    • Changer les ouvertures
    • ...

2. Après avoir réaliser les actions de réduction de sa consommation, il est possible d'analyser le système énergétique.

Il s'agit de se poser la question du mode de chauffage et de production d'eau chaude sanitaire.

Très souvent, une fois que la première démarche d'amélioration thermique a été "bien engagée" il est fréquent d'avoir des systèmes énergétiques sur-dimensionnés. Dans ce cas une étude réalisée par un professionnel vous permettra d'identifier les nouveaux besoin pour qualifier et quantifier le bon système.

La question est avant de se poser la question de l'énergie la plus vertueuse. Si le gaz et le fioul ne sont plus recommandés (les chaudières fioul sont interdites depuis le 01/07/2022 et les chaudières gaz incompatibles pour les maisons neuves depuis le 01/01/2022 !), il reste d'autres énergies possibles :

  • Électricité par la vertu (peu carbonée) du nucléaire.
  • Le Biomasse (bois) qui participe au stockage du carbone dans son cycle de vie.
  • D'une certaine façon les bio-gaz ont également une vertu par l'intégration d'un cycle de captation du carbone (méthanisation)

3. L'ultime alternative : Énergie renouvelable

La virtuosité parfaite consiste à ne pas consommer d'énergie de transformation par l'utilisation des énergie dites "renouvelables". C'est le cas du soleil et du vent. Si les solutions solaires sont largement maitrisées et diffusées, l’énergie éolienne n'est réaliste que pour des programmes de grosses installations.

Le sujet du solaire est une thématique d'avenir. Il y a 2 façons de capter l'énergie solaire :

  • Solaire thermique => Les capteurs (panneaux) capte l'énergie thermique du soleil par le passage d'un fluides (eau) pour chauffer un ballon (réserve). Cette solution est principalement utilisé pour le chauffage de l'ECS (Eau Chaude Sanitaire). Très fiable, très robuste, cette solution reste limité par son cout de pose (entre 6000 et 7500 €).
  • Solaire photovoltaïque => Les capteurs vont produire de l'électricité. Cette solution est très rependue et facile à mettre en oeuvre. Depuis des années, l'État a fortement soutenu cette filière en proposant des conditions de rachat intéressant. La rentabilité d'une telle installation est de 10 ans avec un engagement d'achat sur 20 ans (l’amortissement se fait en 10 ans et il reste 10 ans de bonification). Il est important de noter que le panneau ne se dégrade pas (ou peu) et qu'une installation a une durée de vie de plus de 30 ans ( à condition d'intégrer un contrat de maintenance). Depuis les dernières années, l'État réduit ses aides pour inciter de "l'autoconsommation". La contrainte de l'autoconsommation est d'avoir une charge (consommation) en même temps que la production (ce qui n'ai pas souvent le cas !). L'avenir sera au partage de l'électricité dans un quartier ou une ZAC (c'est ce qu'on appelle le SmartGrid).

Aides et subventions

Pour atteindre les objectifs fixés lors de la COP21 par la France, il faudra engager des grandes actions thermiques et énergétiques.

La première action de l'État est de faciliter l'investissement par la mise en place d'aides et subventions. Il existe pour les particuliers une aide nationale appelée "MaPrimeRenov" qui est portée par "France rénovation" (https://france-renov.gouv.fr/). Sur ce site se trouve toute la documentation pour la rénovation des habitations. Les aides sont soumises aux conditions de revenus mais tous ont la possibilité d'en avoir !

Il existe également une aide à l'investissement pour les particuliers distribuées par les banques : ECOPTZ (L'écopret à taux zéro). C'est un prêt à taux zéro pouvant aller jusqu'à 45 000 € sur une durée de 20 ans. Ce prêt est sans condition de revenu.

Enfin le troisième levier s'appelle CEE (Certificat d'Economie d'Energie). Les CEE est un mécanisme qui oblige les fournisseurs d'énergie à participer à la rénovation. C'est sans condition de ressources. Les CEE concernent tous les secteurs (Logement, industrie, transport). Toutes les indications sur le site du gouvernement: https://www.ecologie.gouv.fr/dispositif-des-certificats-deconomies-denergie

Localement, il existe également des aides. En Bretagne il existe une plateforme qui recense toutes les aides localeshttps://renov-habitat.bretagne.bzh/

Il est important de savoir que l'État met en place une stratégie d'obligation législative pour contraindre vers la performance.

Depuis le 01/01/2022 (pour l'habitat) et le 01/07/2022 (pour le tertiaire), les constructions neuves sont soumises à une nouvelle réglementation qui contraint à la fois la consommation énergétique mais également l'impact carbone de sa construction et son exploitation. L’objectif est de limiter le poids carbone de la construction des bâtiments tout en améliorant le confort des occupants.

Depuis le 03/05/2007, les bâtiments existants sont soumis à une réglementation sans pour autant agir sur la consommation. Par contre la loi climat et résilience a inscrit une interdiction à la location progressive les logements énergivores à partir de 2025 (2025 pour les logements DPE en G et 2028 pour les logements DPE F).

De plus un décret tertiaire contraint tous les bâtiments de bureau à déclarer leur consommation (au 01/09/2022) et à mettre en place un plan de réduction d'énergie : -40% en 2030, -50% en 2040 et -60% en 2050 ! (https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/20064_EcoEnergieTertiaire-4pages-2-1.pdf)

N'attendez pas qu'on vous y oblige ! Agissez maintenant pour le climat...


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